Cours de l'or en 2026 : quels facteurs font vraiment bouger le prix du métal jaune ?
Au mois de mai 2026, l'once d'or s'échange autour de 4 600 dollars et le gramme dépasse les 125 euros. Sur un an, le métal jaune affiche une progression de près de 38 %, du jamais-vu pour un actif réputé "tranquille". Mais à quoi tient cette envolée ? Banques centrales, inflation, géopolitique, dollar... On fait le tour des principaux facteurs qui influencent le cours de l'or en 2026.
Un cours de l'or qui ne cesse de battre des records depuis 2025
Le constat est sans appel, depuis deux ans, le cours de l'or n'a quasiment plus connu de longue phase de stabilité.
Parti autour de 2 500 à 2 600 dollars l'once début 2025, le métal jaune a franchi le cap des 4 000 dollars dans le courant de l'automne 2025, puis enchaîné les records en janvier 2026 avec un sommet historique au-dessus de 4 970 dollars. À ce jour, l'once oscille autour de 4 500 à 4 700 dollars selon les séances. En euros aussi, l'or a frappé fort, le kilo a passé pour la première fois la barre des 120 000 euros en octobre 2025... une étape symbolique pour les épargnants français.
Cette envolée n'est pas le fruit du hasard. Elle s'explique par un alignement assez rare de plusieurs facteurs économiques, monétaires et géopolitiques. Pour comprendre ce qui se joue, il faut s'attarder sur les acteurs et les mécanismes qui pèsent vraiment sur la cotation.
Les banques centrales, principal moteur de la hausse
Le premier facteur est sans doute le moins visible pour le grand public, mais le plus structurant, ce sont les banques centrales. Selon les chiffres du World Gold Council, leurs achats nets ont atteint 244 tonnes au premier trimestre 2026, en hausse de 3 % par rapport à la même période un an plus tôt. C'est le troisième trimestre consécutif au-dessus des 200 tonnes.
Plusieurs pays se distinguent en 2026, à commencer par la Pologne, championne des achats avec 31 tonnes supplémentaires sur le trimestre (582 tonnes au total, pour un objectif annoncé de 700 tonnes), suivie par l'Ouzbékistan (25 tonnes) ou encore la Chine, qui a porté ses réserves officielles à 2 313 tonnes - soit environ 9 % de ses réserves totales. C'est dans ce contexte que de nombreux épargnants choisissent de suivre les variations du cours de l'or au quotidien sur la plateforme Veracash, afin de mieux comprendre les dynamiques de ce marché.
Derrière ces achats massifs, une logique se dessine, celle de la dédollarisation. De plus en plus d'États émergents cherchent à diversifier leurs réserves de change, en réduisant la part du dollar et en augmentant celle de l'or. En septembre 2025, pour la première fois depuis plus de trente ans, la valeur cumulée de l'or détenu par les banques centrales a même dépassé celle de leurs avoirs en bons du Trésor américain. Un basculement historique.
Inflation et taux d'intérêt : des leviers déterminants
Deuxième grand facteur, la politique monétaire. L'or est traditionnellement vu comme une protection contre l'érosion monétaire, et le contexte de 2026 va clairement dans ce sens. L'inflation est repartie à la hausse aux États-Unis (3,3 % en mars 2026) et reste légèrement au-dessus de l'objectif de la BCE en zone euro (2,6 % sur la même période).
Quand l'inflation grimpe, le métal jaune devient mécaniquement plus attractif aux yeux des investisseurs. La Réserve fédérale américaine a entamé en 2025 un cycle de baisse de ses taux directeurs, ce que les marchés interprètent généralement comme un signal positif pour l'or. Le départ programmé de Jerome Powell et la pression de l'administration Trump pour accélérer cette détente monétaire renforcent encore ce scénario aux yeux des opérateurs.
Tensions géopolitiques : le retour en force de la valeur refuge
Troisième facteur, et non des moindres, l'instabilité internationale. Le conflit qui implique l'Iran, les États-Unis et Israël, entré dans sa dixième semaine au début du mois de mai, a fait grimper les prix de l'énergie et alimenté une volatilité inhabituelle sur les marchés.
Les tensions autour du détroit d'Ormuz, les déclarations de Donald Trump sur le Groenland ou encore les frictions commerciales sino-américaines ont à plusieurs reprises propulsé le cours vers de nouveaux sommets, avant des phases de respiration parfois brutales.
Historiquement, l'or joue ce rôle de valeur refuge depuis des siècles. Quand les actions et les devises souffrent, les investisseurs cherchent un actif tangible, sans risque de contrepartie - et le métal jaune coche ces deux cases. Pour aller plus loin sur les fondamentaux de ce placement, vous pouvez consulter notre guide Investir dans l'or : guide pratique.
Dollar, offre minière et demande mondiale : les autres moteurs du cours
On l'oublie parfois, mais le cours de l'or est aussi très dépendant du dollar. Le métal jaune étant coté en dollars sur les principales places (LBMA à Londres, COMEX à New York, Zurich, Hong Kong, Sydney), un billet vert qui faiblit le rend plus accessible aux investisseurs étrangers... et stimule mécaniquement la demande. C'est typiquement ce qui s'est passé en 2025 et au début de 2026.
Côté offre, la situation est tendue. La production minière mondiale ne progresse que très modestement, et certaines régions (Océanie, Asie) pourraient connaître des perturbations en raison de pénuries de gazole sur les sites d'extraction. Côté demande, le World Gold Council a recensé au premier trimestre 2026 :
- 1 231 tonnes de demande totale (+2 % sur un an)
- 478 tonnes pour la bijouterie (en repli, plombée par la flambée des prix)
- 312 tonnes pour la demande d'investissement (lingots, pièces et autres supports)
- 107 tonnes pour les usages industriels (électronique, panneaux solaires, dentisterie)
L'ensemble représente une valeur record de 193 milliards de dollars sur le seul premier trimestre. Du jamais-vu.
Nota Bene : spot, fixing et prime, comprendre la mécanique du prix
Quand on parle du "cours de l'or", il s'agit en réalité du prix spot, c'est-à-dire le prix au comptant fixé en continu sur les grandes places de cotation.
Deux fois par jour, à 10h30 et 15h00 (heure de Londres), la LBMA (London Bullion Market Association) établit un fixing de référence, qui sert de boussole à l'ensemble du marché.
Ce prix spot ne correspond toutefois pas exactement au prix d'achat d'une pièce ou d'un lingot. À ce dernier s'ajoute en effet une prime, qui dépend du coût de fabrication, de la rareté de la pièce, de son état de conservation et du volume d'échange.
C'est pour cette raison qu'un Napoléon ou une pièce Vera Valor peut s'échanger légèrement au-dessus de la simple valeur du métal contenu.
Quelles perspectives pour la suite de 2026 ?
Au final, le cours de l'or en 2026 est tiré par un cocktail rare, achats records des banques centrales, retour de l'inflation, baisses de taux attendues, géopolitique sous tension et dollar en perte de vitesse. Tant que ces moteurs restent à l'oeuvre, le métal jaune devrait continuer à occuper une place de choix dans le paysage patrimonial des Français.
Reste à composer avec la volatilité, devenue elle aussi une caractéristique structurelle du marché.
La performance moyenne annualisée à long terme - autour de 7 à 8 % selon les périodes observées - rappelle d'ailleurs que la trajectoire de l'or s'apprécie surtout sur la durée, pas sur quelques semaines.

