En septembre 2026, le gouvernement prépare des allégements sur les donations, dont un plafond relevé de 31.865 € à 50.000 € pour les dons d'argent. À l'approche de la présidentielle, la fiscalité de l'héritage divise les candidats.
En septembre 2026, le gouvernement prépare des allégements sur les donations, dont un plafond relevé de 31.865 € à 50.000 € pour les dons d'argent. À l'approche de la présidentielle, la fiscalité de l'héritage divise les candidats.
Transmettre son patrimoine de son vivant pourrait bientôt coûter moins cher. En septembre 2026, le gouvernement a mis sur la table une note baptisée "Transmission 2027", Son but ? Faire circuler le patrimoine plus tôt vers les jeunes générations.
La première mesure consisterait à relever le plafond des dons d'argent exonérés, les fameux "dons Sarkozy", de 31.865 € à 50.000 €. Si vous avez déjà utilisé tout le plafond actuel au cours des quinze dernières années, vous pourriez donc encore donner 18.135 € sans droits.
Les conditions resteraient les mêmes. Le donateur doit avoir moins de 80 ans et le bénéficiaire être majeur (enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant ou, à défaut, neveu ou nièce).
Un taux unique de 6 % sur les grosses donations © Infinance IA
Le gouvernement envisage aussi un taux unique et temporaire de 6 %, dans la limite de 100.000 €, pour les donations familiales qui dépassent l'abattement classique (la part que l'on peut donner sans payer de droits).
Prenons un exemple. Un parent qui a déjà donné 100.000 € à son enfant il y a moins de quinze ans, et qui lui donne à nouveau 100.000 €, paierait 6.000 € de droits, contre 18.195 € (environ 18,2 %) avec les règles actuelles. Les petits-enfants, neveux et nièces seraient aussi concernés, après des abattements plus faibles. Pour les dons à des associations, le taux pourrait même descendre à 5 %.
Quant au pacte Dutreil, qui allège la transmission des entreprises familiales, le Premier ministre Sébastien Lecornu assure qu'il sera préservé, pour "protéger les emplois, les savoir-faire et l'ancrage territorial".
9.000 ou 6.200 milliards d'euros à transmettre © Infinance IA
Ce débat s'appuie sur un chiffre très commenté. Fin 2024, la Fondation Jean-Jaurès a estimé à plus de 9.000 milliards d'euros le patrimoine que les baby-boomers (nés entre 1945 et 1965) transmettront entre 2025 et 2040.
Le Conseil supérieur du notariat ramène ce montant à 6.200 milliards d'euros dans son scénario médian (entre 5.100 et 7.600 milliards selon les hypothèses), en tenant compte du coût de la dépendance et de l'argent dépensé avant le décès. Il rappelle surtout que plus de 60 % des successions ne donnent lieu à aucun droit, grâce aux abattements, et que le montant moyen transmis au décès atteint 307.500 €.
L'enjeu reste énorme, puisque l'héritage représente 60 % du patrimoine des Français en 2025, contre 35 % dans les années 1970.
La transmission est le sujet qui sépare le plus nettement les candidats à l'Élysée. De La France insoumise jusqu'au centre droit, plusieurs veulent alourdir l'impôt sur les grands héritages.
La France insoumise : un taux de 100 % au-delà de 12 millions d'euros, selon Mathilde Panot.Les Écologistes (Marine Tondelier) : 10 % au-delà de 4 millions d'euros, et 10 % de plus au-delà de 13 millions.Raphaël Glucksman (Place publique) : une tranche à 50 % au-delà de 2 millions d'euros.Le Parti socialiste (Olivier Faure) : un abattement unique de 200.000 € par personne sur toute la vie.Dominique de Villepin : des successions plus taxées, mais des transmissions du vivant entièrement défiscalisées.
En face, du centre aux Républicains, on veut plutôt alléger la note, surtout pour encourager les dons du vivant.
Bruno Retailleau (Les Républicains) : pendant trois ans, chaque parent pourrait donner jusqu'à 150.000 € sans impôt à ses enfants de moins de 30 ans, notamment pour les aider à acheter un logement.Édouard Philippe (Horizons) : une hausse "très sensible" des plafonds de transmission du vivant pendant les trois premières années du quinquennat.Gabriel Attal (Renaissance) : rendre beaucoup plus facile la transmission aux petits-enfants.David Lisnard (Nouvelle Énergie) : supprimer les droits de succession et de donation en ligne directe, c'est-à-dire entre parents et enfants.
Fin septembre 2026, Marine Le Pen (Rassemblement national) n'avait pas pris de position formelle sur l'héritage, hormis le maintien du pacte Dutreil si l'entreprise reste en France.
Les règles qui s'appliquent aujourd'hui © Infinance IA
En attendant une éventuelle réforme, les règles actuelles vous laissent déjà de belles marges, renouvelables tous les quinze ans.
Enfants : chaque parent peut donner 100.000 € à chacun de ses enfants sans droits, soit 200.000 € pour un couple.Petits-enfants : 31.865 €, et 5.310 € pour les arrière-petits-enfants.Don d'argent ("don Sarkozy") : 31.865 € de plus, cumulables avec ces abattements.Aide au logement : jusqu'à 100.000 € par grand-parent ou parent (300.000 € au maximum par bénéficiaire), sans prélèvement, pour acheter un logement neuf ou financer une rénovation énergétique.
Au-delà, la note grimpe vite. Le taux culmine à 45 % au-delà de 1,8 million d'euros, et la France a les droits de succession et de donation les plus élevés de l'OCDE.
Ce que ça change pour vous © Infinance IA
Réforme ou pas, anticiper reste le meilleur moyen de réduire la facture et de protéger vos proches.
Le mariage protège bien mieux que le pacs : sans testament, le partenaire pacsé n'hérite de rien, et seul le conjoint marié peut toucher une pension de réversion (une partie de la retraite du défunt, jusqu'à 75 %).L'assurance-vie reste hors succession, et le conjoint ou le partenaire de pacs bénéficiaire est totalement exonéré.La donation-partage, signée chez le notaire, fige la valeur des biens au jour du don.Le démembrement consiste à donner la nue-propriété d'un bien (la propriété des murs) tout en gardant l'usufruit (le droit d'y vivre ou d'en toucher les loyers). Il est utilisé dans près de 70 % des stratégies de transmission.
Chaque famille est différente. Un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine peut vous éclairer, mais la décision vous appartient.
Plusieurs échéances vont compter pour les familles.
31 décembre 2026 : fin du dispositif qui permet de donner jusqu'à 100.000 € sans prélèvement pour l'achat d'un logement neuf ou une rénovation énergétique.Le budget 2027 : les allégements envisagés sur les donations doivent encore y trouver leur place.D'ici fin 2026 : l'Assemblée nationale doit examiner une proposition de loi, déjà adoptée par le Sénat et soutenue par le gouvernement, pour débloquer exceptionnellement 5.000 € d'épargne salariale sans impôt ni cotisation.La présidentielle : selon le vainqueur, la fiscalité de l'héritage pourrait nettement s'alléger ou s'alourdir.
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